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Parcours
Né en 1968 à Kiel, Allemagne. Réside
à Berlin depuis 1995.
Photographe autodidacte depuis 1989. Plusieurs voyages
à travers l'Europe de l'Ouest et de l'Est aboutissent
à la série «Other Limits» en 1991. A
Paris entre 1991-1993, fréquente le milieu des squats
d'artistes et présente son travail dans de nombreuses
expositions. Voyage aux U.S.A. pour le projet «Speed of
Life» entre 1994-1995. Vit une période de crise,
puis se lance dans le projet «Lost Helix»
consacré aux serres hollandaises de fleurs et de
légumes en 1998. Est récompensé par une
bourse de création à Berlin.
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Projet
Depuis le début des années 1990, Kai
Bornhöft consacre sa réflexion photographique
aux développements technologiques et à leur
influence sur le travail, l'alimentation et l'espace vital
de l'homme dans différentes sociétés.
Le traitement relativement pessimiste du thème trouve
son fondement dans l'intuition que les nouvelles
technologies mènent à une rupture de
l'unité humaine. C'est-à-dire une profonde
remise en question de valeurs fondamentales telles que la
liberté. Un voyage dans les pays asiatiques
permettrait d'étayer le propos actuel de Kai
Bornhöft sur Berlin. Il représente les nouvelles
zones urbaines de la Postdamer Platz, entièrement
conçues en termes fonctionnels de travail, d'habitat
ou de loisirs. Face à un tel projet architectural, le
photographe pose la question délicate de la
qualité de vie de ceux qui y séjourneront :
subiront-ils une épreuve comparable à celle
d'un voyage de deux ans pour la planète Mars ?
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Appréciation du jury
Les images contrastées de Kai Bornhöft
démontrent qu'il possède un langage propre,
une esthétique personnelle qui n'a pas pour seule
référence le reportage classique. Les images
très graphiques rappellent l'univers du film
«Metropolis» de Fritz Lang, avec qui le
photographe semble partager un don pour l'anticipation et un
certain regard révolutionnaire. Plutôt
qu'observateur fasciné et naïf des mutations
contemporaines, Kai Bornhöft prend position et propose
une critique culturelle, voire politique, plutôt que
sociale. Il démontre le drame de l'avilissement de
l'être dans la course aux progrès
technologiques et à l'urbanisation. Il y a une grande
cohérence entre le projet et les choix formels des
photographies présentées, notamment les
importantes masses noires et l'anonymat des individus. Par
une excellente sélection d'images, le photographe
propose une histoire ouverte à l'imaginaire du
spectateur. Il l'invite à réfléchir
à la vie et à l'avenir de l'homme dans une
ville «high tech».
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