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Parcours
Né en 1969 à Lugansk, Ukraine. Réside
à Kyiv.
Photographe autodidacte à 15 ans, tire le portrait de
ses proches. En 1989, acquiert le statut de professionnel en
travaillant pour la presse de la région de Donbas, au
sud-est de l'Ukraine. Entre 1997 et 1998, réalise des
photos-passeport pour le Service de la protection sociale de
Lugansk. Actuellement, fournit des images aux quotidiens
Vechernie Vesti (Nouvelles du soir) de Kyiv et
Ukraina i Svit sogodni (Ukraine et Monde
aujourd'hui), ainsi qu'au magazine Pik.
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Projet
«Ukrainian passport».
Le projet a pour point de départ une
nécessité : lorsque l'Ukraine devient un
état indépendant après la dislocation
de l'U.R.S.S., chaque citoyen doit être muni d'un
nouveau passeport. En travaillant pour le Service de la
protection sociale, Alexander Chekmenev est amené
à rencontrer chez elles des personnes
âgées vivant seules, démunies et se
déplaçant avec difficulté. Outre le
portrait officiel, il photographie les gens dans leur
contexte quotidien, grâce à un deuxième
appareil muni d'un objectif grand angle qui montre les
conditions réelles dans lesquelles vivent les
retraités. Ces derniers représentent un tiers
de la population ukrainienne, environ quinze millions
d'individus dans une situation catastrophique. La protection
sociale ne peut doncse contenter d'offrir des passeports,
elle doit prendre réellement en charge de tels
problèmes. Le photographe souhaite attirer
l'attention du plus grand nombre, au-delà même
des frontières de son pays, sur ce drame humain.
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Appréciation du jury
Alexander Chekmenev, en montrant les nombreux êtres
qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, leur
accorde le droit à l'existence qui leur est souvent
refusé. Isolés, malades, perdus à
jamais pour n'avoir pas su ou pu comprendre le sens de
l'Histoire, ces héros d'autrefois retrouvent la
dignité, leur dignité, le temps d'une prise de
vue. Avec des moyens rudimentaires - drap blanc ou bleu en
guise de studio improvisé - le photographe leur
redonne une place dans la société. Même
si les médailles d'anciens combattants ou de
travailleurs méritants qu'ils arborent à la
poitrine semblent dérisoires, la photographie prouve
qu'ils existent à nouveau aux yeux des autres. Le
jury a tenu à saluer unanimement cet engagement
humaniste d'un photographe qui, bien que parfois
dépourvu de moyens matériels, nous invite
à réfléchir sur la condition de ces
êtres ainsi que sur nous-mêmes.
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