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IMAGES'02 cinéma
Vevey, 20 septembre - 6 octobre
2002
Rapport de synthèse
La manifestation Images '02 cinéma
s'est déroulée comme prévu en trois
week-ends (20-22 septembre, 27-29 septembre, 4-6 octobre),
prolongés par deux journées scolaires (7 et 9
octobre) et par la tournée suisse du programme de
clôture (7-14 octobre).
Géré avec prudence, elle a respecté le
cadre budgétaire établi, réussissant
même à faire ici ou là des
économies d'échelle, afin de ne pas courir le
risque d'une hypothèque sur une éventuelle
continuation.
Cette position a été adoptée dès
qu'il fut clair que le premier objectif proclamé par
la Fondation Vevey, Ville d'Images, dès qu'elle prit
la décision de mettre sur pied une manifestation en
2002, était inatteignable : en effet, on ne pouvait
songer, avec les forces employées et dans le contexte
actuel, à mobiliser un partenariat privé
prêt à s'engager dans les proportions
souhaitées sur le moyen, voire le long terme.
Les projections eurent lieu à Vevey, aux
cinémas Rex 1 et Rex 4 (31 programmes, 34
séances) et au Musée suisse de l'appareil
photographique (2 programmes), ainsi qu'à Chexbres
(15 programmes, 15 séances) et au CESSEV de Burier (2
programmes, 3 séances et une matinée).
Ces séances furent suivies par 4810 spectateurs.
Des quatre expositions qui complétèrent
l'offre cinématographique par la présence de
la photographie et de l'art vidéo, deux sont encore
aux cimaises, celle d'Alexander Hahn au Musée Jenisch
(jusqu'au 10 novembre) et celle de Laurent Cochet au
Musée suisse de l'appareil photographique (jusqu'au
12 janvier 2003).
La fréquentation des expositions pendant Images '02
cinéma, soit du 20 septembre au 6 octobre, est
estimée à environ 2500 visiteurs
Un colloque d'une journée sur l'utilisation et la
diffusion des images d'archives, un séminaire d'une
journée sur la manière de produire des films
de débutants, une table ronde sur l'art vidéo,
une conférence sur l'histoire des cinéma de la
Riviera (organisée par Vibiscum)
complétèrent cette offre.
Ces événements réunirent près de
150 personnes, professionnels, spécialistes et
amateurs d'histoire locale.
Riche en informations au delà du programme
lui-même, le site (www.images.ch) reste en
activité et l'ouvrage produit par nos soins sur
CD-ROM (David von Kaenel, Du Cinématographe au
Cinémascope. L'exploitation cinématographique
sur la Riviera vaudoise. Le premier demi-siècle)
est en vente auprès du secrétariat de la
Fondation Vevey, Ville d'Images et de la librairie La
Fontaine à Vevey.
Des trois films produits grâce au Grand prix
européen des premiers films ("10 000 euros la
toile"), deux seront certainement diffusés dans leurs
canaux respectifs (la télévision pour Diego
l'Interdite, documentaire de David Constantin ; les
festivals du cinéma d'animation, les avant-programmes
de cinéma, la télévision pour
L'Odeur du chien mouillé d'Eric Montchaud),
selon les occasions que les auteurs sauront exploiter, avec
l'aide de la Fondation Vevey, Ville d'Images le cas
échéant.
Le troisième film, L'Escalier de
Frédéric Mermoud, qui n'a pu être
terminé pour être projeté en
première en septembre, sera présenté au
public au début de l'année prochaine dans une
séance dont le programme prolongera l'esprit d'Images
'02 cinéma.
Enfin, deux films anciens ont désormais l'assurance
de perdurer grâce notre intervention : une
actualité locale, La Fête du Papegay
à la Tour-de-Peilz 1924, restauré avec
l'aide financière de la commune de La Tour-de-Peilz
et déposé à la
Cinémathèque suisse ; et un film du
répertoire du club Fip Fop, Nel Regno delle
figurin (début des années 50),
dupliqué par les archives Nestlé.
Directeur artistique d'Images '02 cinéma,
j'avais pour cahier des charges de mettre sur pied une
manifestation originale, dont l'identité la
distinguerait des autres formes de festivals
cinématographiques proposées en Suisse, qu'il
s'agisse d'une part des multiples "Fêtes du
cinéma" qui accompagnent la reprise de la saison ou
des festivals proprement dits, qu'ils soient
thématiques (le fantastique, la montagne, le court
métrage, etc.), professionnels (Journées du
cinéma suisse de Soleure, Festival du film
documentaire de Nyon, Cinéma Tout Ecran de
Genève) ou généralistes (Locarno).
Il s'agissait aussi de mesurer à quelle
échelle il était raisonnable d'intervenir dans
ce domaine, s'il était possible de concevoir une
manifestation qui pouvait avoir des chances raisonnables de
s'affirmer dans la continuité et comment y associer
d'autres moyens d'expression en fonction des circonstances
et des partenaires institutionnels.
Ma proposition fut d'articuler le programme selon une
relation libre entre le cinéma passé et le
cinéma d'aujouRd'hui et de faire reposer l'ensemble
sur deux éléments déjà
présents à Vevey ces dernières
années : l'existence d'un concours de photographie et
les divers programmes de films muets accompagnés
musicalement (films 1900 retrouvés au Musée
suisse de l'appareil photographique, Visages
d'enfants, etc).
Transcrite dans le domaine du cinéma, la
compétition est devenue un concours primant des
projets de premiers films, soit des réalisations de
jeunes cinéastes. Elle a généré
une programmation qui mettait en valeur des travaux
impliquant les cinéastes de la relève (Atelier
Zérodeux, écoles de cinéma en Suisse et
à l'étranger), qui en appelaient à des
" passeurs " (Jean-François Stévenin, Yann
Dedet), ou qui jouait de profondes continuités entre
générations de spectateurs (les effets
spéciaux, de Spielberg à Méliès
; le Fip Fop et la Lanterne magique).
L'autre aspect a entraîné une programmation de
films de l'histoire du cinéma suisse et
internationale présentés avec un effort
particulier sur le plan musical : commande de partition et
d'adaptation pour petit ensemble, projections avec pianiste
en solo et avec improvisations de jazz en quartet.
L'inscription dans la réalité régionale
a pris diverses formes : inclusion du cinéma de la
Grande Salle de Chexbres dans la manifestation, production
d'un travail sur l'histoire de l'exploitation
cinématographique à Vevey et Montreux,
création d'une partition par un jeune musicien issu
du Conservatoire de Montreux (Emilien Tolck),
présence de la figure de Charlie Chaplin (quatre
films documentaires sur son uvre, dont une
première vision suisse), célébration du
Fip Fop club lancé par Nestlé en 1937, et de
multiples relations dans le programme, de La Vocation
d'André Carel de Jean Choux (1923) au tout
récent Jour de marché de Jacqueline
Veuve.
L'idée de faire de Vevey, dans cette circonstance, un
des rares lieux où l'on puisse voir des films suisses
récents, s'est concrétisée sous la
forme d'un week end à Chexbres spécialement
consacré à des productions qui allaient
ensuite trouver le chemin des salles.
Enfin, les expositions de photographie furent l'occasion non
seulement de présenter des photographes dont les
liens avec la région sont étroits, mais
d'offrir une visibilité forte à une
association veveysanne, Baryte, qui s'est donné pour
tâche de susciter créations et accrochages. Le
bilan que tire Baryte de cette opportunité est
très positif.
Comment le public a-t-il reçu cette offre ? Les
chiffres absolus de la fréquentation traduisent une
réussite modeste, d'autant plus qu'il faut tenir
compte du poids des scolaires (863 élèves) et
du succès de la tournée Méliès
(777 spectateurs). Mais ces deux publics n'en sont pas moins
précieux et ils appartiennent au projet même de
la manifestation.
Le programme était exigeant, car il supposait que le
ressort principal de la participation était la
curiosité, non pas la renommée ou
l'actualité. La formule éveillant cette forme
d'adhésion - faire prendre le risque de
découvrir plutôt que d'être
conforté dans ce qui est déjà connu -
doit être réinventée en permanence.
Par contre, la satisfaction exprimée
spontanément par les spectateurs fut grande, de
séance en séance et d'un week end à
l'autre. Elle exprimait du plaisir et le désir de
voir une telle initiative se poursuivre.
Ce même vu fut formulé par les autres
participants. L'ont exprimé les cinéastes qui
ont pu, grâce au concours, réaliser
effectivement leur premier film après la formation,
et qui savent à quel point "10 000 euros la toile "
est une intervention bien ajustée, à
l'échelle européenne d'ailleurs comme en
témoigne les demandes qui nous parviennent. C'est une
opinion que partagent, expérience faite, les membres
du jury, devenus nos ambassadeurs les plus fidèles.
Les enseignants des filières de cinéma
seraient ravis de voir se développer un forum
extra-territorial par rapport aux institutions où ils
travaillent : le recul et la comparaison sont riches
d'incitation.
Les personnes actives dans le domaine du patrimoine
salueraient la reconduction de programmes qui obligent
à réfléchir à la manière
de remettre en circulation des films anciens pour un public
non-spécialisé.
Les musiciens sollicités cette année sont tous
prêts à revenir, même ceux qui
jouèrent parfois devant un maigre auditoire.
Et les organisations qui accueillirent la tournée
Méliès, notre programme de clôture,
à Lausanne, Zurich, La Neuveville, Bâle et
Berne, ont manifesté leur désir de collaborer
encore à ce genre d'initiative.
Pour tous ces partenaires, y compris Cinérive qui
accomplit tout le travail technique d'un festival
matériellement compliqué, l'expérience
a valu le risque.
L'expérience vaut en effet ce risque, dirais-je, pour
autant que ce soit dans la durée que l'on
considère cette première fois que fut Images
'02 cinéma en cette année 2002.
Roland Cosandey
Images '02 cinéma
Vevey, le 31 octobre 2002
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