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Louis Soutter et le cinéma
Von morgens bis mitternachts, Karlheinz Martin
(1920)
Du 21 février au 4 mai, le Musée
cantonal des Beaux-Arts de Lausanne présente une
vaste exposition consacrée au peintre vaudois Louis
Soutter (1871-1942), complétée par un
accrochage du Musée de l'Art brut et
accompagnée d'un magnifique catalogue comprenant 215
illustrations.
Conçue par Catherine Lepdor, conservatrice, Louis
Soutter et les modernes entend resituer Soutter dans son
temps et montrer que sa rupture avec la tradition apprise et
son isolement personnel n'en firent pas un marginal
emprisonné dans le ressassement formel. L'uvre
évolue, manifeste un projet, des constantes et des
surgissements nouveaux, se confronte à d'autres
artistes, vibre de plus en plus de la catastrophe
européenne durant les dernières années
de production. Contrairement à l'usage
psychiatrisé que l'on fait de Soutter (combien de
couvertures de livres sur la drogue ou l'enfermement
n'a-t-on pas illustrée par un de ses grands dessins
au doigt ?), l'exposition recadre l'artiste en artiste.
Partant d'un fait biographique - violoniste formé par
Isaye, Louis Soutter gagna sa vie entre 1915 et 1922 en
jouant dans de petits ensembles pour café-concerts,
kursaals, tea-room de grand magasin et probablement aussi
pour le cinéma - Catherine Lepdor et Roland Cosandey
proposent quelques hypothèses sur la possible
relation entretenue par Soutter avec le cinéma et
mettent en évidence la force de l'anecdote
biographique dans la représentation que l'on a pu
donner du peintre musicien. Pour Le Corbusier, dans
l'article qu'il consacre en 1936 à son cousin germain
dans la revue Minotaure, Soutter réduit
à jouer pour le cinéma, c'est l'image d'un
gâchis social. Pour Heinz Holliger composant en
1994-95 son concerto pour violon en hommage à Louis
Soutter, c'est la vision poétique d'une danse
d'ombres sur la surface blanche de l'écran.
La période de la plus grande proximité
possible du peintre avec l'écran, celle qui
précède sa mise sous tutelle en 1922, a
entraîné la présentation d'un film
contemporain qui fasse écho à l'uvre
exposé, qui serve en quelque sorte de surface de
projection. C'est un film rare qui a été
choisi, Von morgens bis mitternachts de Karlheinz
Martin (Allemagne, 1920), l'une des manifestations les plus
cohérentes et les plus radicales de l'expressionnisme
cinématographique, adaptation de la fameuse
pièce homonyme de Georg Kaiser. Le Musée des
Beaux-Arts le montre en permanence au Palais de Rumine
jusqu'au 4 mai.
Par ailleurs, en complément de l'accrochage du
Musée de l'Art brut, Louis Soutter et la
musique, la Cinémathèque suisse
présentera le film d'Edna Politi, Ombres. Autour
du Concerto pour violon " Hommage à Louis Soutter
" de Heinz Holliger (CH 1997), le 8 avril à 21 h.
au Cinématographe (Casino de Montbenon,
Lausanne).
Enfin, la recherche menée sur les sources
audiovisuelles à propos de Soutter a permis de
repérer quatre sujets de télévision,
dont la très belle évocation du peintre par
Michel Soutter, l. s. - louis soutter 1871-1942.
Diffusé en 1966 et présentée alors
comme un téléfilm de création, par
opposition au documentaire didactique, cette
réalisation appartient pleinement au mouvement de
renouveau de l'expression cinématographique suisse
des années soixante. Les organisateurs
espèrent pouvoir montrer le film dans le cadre de
l'exposition et souhaitent le voir programmé à
nouveau par la TSR.
Sur ces diverses approches, vous trouvez en format PDF (580 Ko) une documentation
établie par Roland Cosandey :
Louis Soutter et le cinéma / Von morgens bis
mitternachts de Karlheinz Martin (Allemagne 1920)
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