Photographie
Les maisons monde, "Atmosphères"

Les expositions consacrées au thème “Les maisons monde” prolongent les réflexions menées dans la précédente édition à propos de l’extase, que nous avions considérée comme un instant de particulière concentration, de créativité et d’inspiration, de relâchement enfin. Avec “Les maisons monde”, c’est la dimension spatiale de la création que nous souhaitons explorer.

Alors que les “attitudes” marquent la seconde moitié du 20ème siècle, les “atmosphères” semblent être, au pluriel, un terme chargé d’une résonance particulière dans le domaine de l’art d’aujourd’hui. Un art, comme l’affirme Yves Michaux, dominé par la sensation plus que par le regard, dans lequel l’ambiance, l’environnement engendre l’art plus que l’œuvre elle-même. Comme l’écrit Peter Zumthor dans un livre intitulé justement “Atmosphères”, la qualité d’une architecture se définit par cette première impression que nous pouvons avoir et qui nous met – ou non - en mouvement.

Nos expositions regrouperont un certain nombre d’artistes autour de cette idée de “maison monde”. Lieux d’enfance, lieux d’inspiration, lieux de frontière, demeure physique ou mentale, théâtre de l’imaginaire, camera architectura.

Le festival est attentif également à l’esprit des lieux, selon les accrochages, qui font passer le visiteur du quai de la gare aux cimaises muséales en passant par des combles inouïes, des maisons fameuses, une place discrète au cœur de la ville ou une bibliothèque neuve donnant sur le lac. Autant de lieux atmosphères voués aux “maisons monde” le temps du festival, le temps d’une interaction.

Cinéma
Les maisons monde

Mille maisons de cinéma font chacune un monde et chacun aura la sienne en mémoire, lieu de ravissement, de découverte ou de terreur. Il n’y a pas théâtre plus riche, s’agit-il d’en donner scénographiquement une image ou d’en faire un univers mental.

En lien avec le travail photographique que mène Raymond Depardon sur son lieu natal, la ferme du Garet, nous passons chez lui, avec le cinéma, de l’approche autobiographique à une exploration de l’univers des petits paysans français : ce sont les deux premiers volets de sa trilogie paysanne, dont il a commencé le dernier cette année.

Ce programme circule en Suisse sous l’égide d’Images ’06, grâce à la collaboration de Palmeraie et Désert, l’Ambassade de France en Suisse, Unifrance et Agora Film Genève.

“Distant Voices Still Lives” de Terence Davies est un des films phare du cinéma anglais de la génération des Mike Leigh et Ken Loach. C’est à partir de cette œuvre que nous avons donné carte blanche au cinéaste lui-même. A chaque projection, Terence Davies s’entretiendra avec le public.

La Lanterne magique, qui est associée au festival depuis 2002, s’est également emparée de notre thème et présente en avant - saison “Mon oncle” de Jacques Tati. Pour une fois, il est vivement recommandé aux enfants d’emmener les parents.

Enfin, poursuivant une autre tradition riche en émotions cinématographiques et musicales Images ’06 se termine le 18 septembre par un ciné-concert, confié à Virgile Goller, accordéoniste.

Membre du groupe Les Madeleines, Virgile Goller est depuis 2003 le musicien de plusieurs ciné-concerts, en solo ou en duo. La Cinémathèque euro-régionale de Perpignan en a fait son accompagnateur attitré et c’est attiré par l’écho de ses prestations que nous l’avons invité à Vevey pour qu’il nous entraîne dans un des films les plus virtuoses du cinéma de la fin du muet, “La chute de la Maison Usher”, un classique du fantastique.