L’Antarctique vue comme une nouvelle Utopia
L’Antarctique est une région difficile à imaginer et il est presque impossible pour l’Homme d’y résider. Les températures y sont trop extrêmes pour les fonctions biologiques du métabolisme humain. Ce lieu, recouvert à 99,6 % de glace, n’est ni plat ni enneigé. Sa dimension est égale à une fois et demi la taille du continent américain ou européen. C’est le principal réservoir d’eau potable de la planète mais aussi l’endroit le plus sombre du globe. L’Antarctique est un immense désert blanc et montagneux.
C’est aussi un sol au statut politique unique, définit en 1959 par le South Pole Treaty, ce qui en fait un endroit totalement démilitarisé sur lequel aucun pays ou gouvernement précis n’a de prérogatives. Un endroit qui paraît irréel, et cela à bien des égards.
La station scientifique belge Princesse Elisabeth, issue de la technologie actuelle la plus pointue, et le cadre rigoureux où elle se trouve implantée produisent un ensemble des plus intéressants où Geert Goiris a vu la possibilité de lier présent, passé et futur.
En effet, ce centre est une nouveauté de taille dans le domaine environnemental et reflète l’inquiétude et la prise de conscience assez récentes de notre société face aux dangers qu’elle encourre dus au problèmes écologiques.
Mais c’est aussi un outil précieux permettant d’observer une collectivité devant construire au quotidien son existence et s’organiser ex nihilo dans un environnement extrêmement hostile. Cette communauté a non seulement la possibilité d’imaginer une nouvelle société pensée sur mesure, proche des rêves de Platon ou de Thomas Moore par exemple, mais elle peut aussi la faire constamment évoluer selon ses besoins.
Finalement, le fait que cette structure abritant une organisation humaine assez inusitée se trouve dans un espace à l’aspect déconcertant produit une atmosphère qui s’apparente fortement à de la science-fiction et renvoie à une vision d’un futur hypothétique. |